Depuis le début de la campagne, je suis attentivement le sondage Fiducial Ifop diffusé par Paris Match. Et j’ai quelques remarques à partager, sur la méthode, les intentions de vote au 2ème tour et le souhait de victoire.

D’abord sur la méthode.

Ce sondage s’annonçait comme un sondage en continu. J’imaginais donc que tous les jours plus de mille personnes étaient interrogées, et j’étais assez impressionné par le travail fourni. Mais, dans la note méthodologique, l’Ifop annonce très loyalement que chaque jour, seules 300 à 350 personnes sont interrogées par téléphone, et leurs réponses sont agglomérées avec les réponses des 2 derniers jours. Cette méthode est sans doute tout à fait valable statistiquement et je l’ai souvent vu appliquée dans l’industrie pour effectuer des mesures de qualité. Elle est particulièrement indiquée quand les conditions de production ne change pas d’un jour sur l’autre, particulièrement pour les productions en continu et en chimie (tiens! mon ancien métier refait surface).

Mais pour mesurer les intentions de vote jour par jour, quand chaque jour les candidats s’évertuent à mettre en lumière de nouvelles propositions, ou sortent une nouvelle polémique, j’ai un sérieux doute.

Après chaque épisode important de la campagne, comme un meeting, une émission de télé, de radio, je me précipitais vers 18h pour voir l’impact sur les intentions de votes. Et je ne voyais chaque fois que peu de changement, voire pas du tout, par rapport à la veille. Et j’ai finalement compris! Seul un tiers des sondés avaient entendu le candidat ou vu son émission, et donc seul ce tiers pouvait faire varier le sondage, les deux autres tiers ayant été interrogés la veille ou l’avant veille.

Donc afficher comme titre: « la présidentielle en temps réel » est au minimum une exagération, au pire un mensonge (ok! dans cette campagne, on en a l’habitude). Car pour savoir ce que pensent les électeurs de l’interview de François Hollande sur RTL ce matin, je vais devoir attendre samedi, voir même lundi. Drôle de temps réel.

Les intentions de vote au 2ème tour et le souhait de victoire 

Alors là, c’est l’immense surprise. Depuis le début de la campagne, quelque soit la situation des candidats, déclarés ou non, après un meeting, après une émission ou non, les scores ne changent pas dans la limite de la marge d’erreur. Ces pauvres candidats peuvent faire ce qu’ils veulent, dépenser des millions en affiches, Web, meeting, çà ne bouge pas.  Le 12 Janvier on était à 57/43, le 29 Février on est à 55.5/44.5. 1,5 de variation. Encéphalogramme plat. çà doit être assez décourageant pour les conseillers en communication (surtout pour le deuxième! Ah! Ah!)

Et pour le souhait de victoire, c’est quasiment la même chose. Seul varie un peu le nombre de ceux qui ne se prononcent pas.

Alors que conclure? Les sondages sont faux et ne servent à rien? Les campagnes n’ont pas d’effet sur le vote?  Tout est joué?

Militants et blogueurs de chaque camp, continuez et ne vous désespérez pas:

« Rien n’est plus satisfaisant pour l’esprit que de croire qu’on a servi à quelque chose. »

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